Accord du participe passé

Accord du participe passé : être et avoir

Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "avoir" s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct (COD), si celui-ci est placé avant :

Ces fleurs, je les ai coupées.
Cette lettre, il l'a écrite.

Si le complément d'objet direct est placé après ou s'il n'existe pas, le participe passé conjugué avec "avoir" reste invariable :

J'ai coupé ces fleurs.
Il a écrit cette lettre.
Nous avons été au spectacle.*

Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe :

Mes amis sont partis.
Mes amies sont parties.

Le participe passé sans auxiliaire (à valeur d'adjectif) s'accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte :

Des fleurs séchées.
Un article vendu.
Des maisons ouvertes.

Notez : Cette règle générale présente de nombreuses exceptions et quelques "finesses" que beaucoup jugent superflues. Il est conseillé de consulter les différents chapitres qui traitent de l'accord du participe passé. Voir accord du participe passé.

*n'en déplaise à quelques puristes qui corrigent systématiquement et à tort "nous avons été" par "nous sommes allés", les deux phrases ont donc des sens différents et sont toutes les deux correctes. Lorsque vous dites "nous sommes allés au spectacle", vous dites que vous vous êtes déplacés jusqu'au lieu du spectacle, non que vous y avez assisté. Lorsque vous dites "nous avons été au spectacle", vous sous-entendez que vous vous êtes déplacés jusqu'au lieu du spectacle et surtout que vous avez assisté à ce spectacle, le verbe être étant un verbe d'état non de déplacement.

Accord du participe passé (cas d’invariabilité)

Les participes passés "attendu, compris, non-compris, y compris, entendu, excepté, ôté, ouï, passé, supposé, vu" sont invariables quand ils sont placés devant le nom ou le pronom, ils sont alors considérés comme des prépositions.

Attendu son incapacité, il faut le protéger.
Compris les indemnités, la somme est suffisante.
Ôté les observations personnelles, le reste est correct.
Ouï les témoins, l'affaire semble claire.

Ces mêmes participes, placés après le nom, s'accordent normalement.

Les indemnités comprises, la somme est suffisante.
Les observations personnelles ôtées, le reste est correct.
Les témoins ouïs, l'affaire semble claire.

Notez : Si la position du participe résulte d'une simple inversion, il faut l'accorder :

Ces sommes, déjà comprises au compte précédent, ne figurent pas ici.

L'inversion du membre de phrase entre virgules, n'a aucune influence sur l'accord.

Déjà comprises au compte précédent, ces sommes ne figurent pas ici.

Accord de ci-annexé, ci-joint, ci-inclus

Les expressions "ci-annexé, ci-joint, ci-inclus" varient en genre et en nombre si elles sont en position d' épithète ou d' attribut :

Les photos ci-annexées serviront de point de départ.
Vous les trouverez dans la lettre ci-jointe.

Elles sont invariables quand on leur donne une valeur adverbiale (elles se rapprochent alors de l'emploi de "ci-contre, ci-dessous", etc.).

Veuillez trouver ci-joint copie du document demandé.
Ci-annexé la copie du document en question.

La règle est assez floue et on rencontre souvent l'accord ou l'invariabilité selon que le scripteur pense l'expression comme un adverbe ou une épithète.

Il nous renvoie ci-joint la lettre du mois de mars.
Il nous renvoie ci-jointe la lettre du mois de mars.

Toutefois, on laisse, habituellement, invariables ces expressions, si :

- elles se trouvent en tête de phrase : Ci-joint la lettre en question.
- dans le corps de la phrase elles sont placées immédiatement devant un nom (pas d' article, ni déterminant) : Veuillez trouver ci-joint copie du document demandé.

Accord de " étant donné, mis à part et fini "

Les expressions "étant donné, mis à part, fini, passé" lorsqu'elles précèdent un nom ou un pronom sont, au choix, variables ou invariables. Pas d'erreur possible!

Étant donné ses propos ou Étant donnés ses propos.
Mis à part son attitude ou Mise à part son attitude.

"Fini", en tête de phrase, s'accorde parfois avec le sujet qui suit et l'on considère alors que "être" est sous-entendu :

Finis les beaux jours! = ils sont finis les beaux jours.
Mais l'invariabilité se trouve et n'est pas fautive.

Notez : Si ces expressions suivent (sauf pour "étant donné" qui est toujours antéposé) elles s'accordent normalement :

La première surprise passée, il réagit avec vigueur.
Son attitude mise à part, il faut considérer ses propos
.

Accord de " coûté, valu et pesé "

Les participes passés "coûté, valu, pesé, marché, couru, vécu, dormi, régné, duré..." sont invariables avec un complément circonstanciel de mesure. Le complément circonstanciel n'est pas l'objet direct. Il ne répond pas aux questions "quoi ?" ou "qui ?" mais à la question "combien?".

Les six mille francs que ce buffet m'a coûté.
Ce buffet a coûté combien? et non : Ce buffet a coûté quoi ?

Pendant les cinq heures qu'a duré notre marche.
Notre marche a duré combien? et non : Notre marche a duré quoi?

Il faut prendre garde au fait que certains de ces verbes peuvent aussi être employés transitivement et avoir un véritable complément d'objet direct qui oblige à l'accord. Souvent, leur sens varie et permet de déterminer la nature du complément. On fera l'accord avec les verbes suivants, lorsqu'ils ont le sens précis de :

"Peser" s'il signifie "constater un poids" ou, au figuré, "examiner" : Ses propositions, je les ai pesées avec attention.

"Courir" dans le sens de "poursuivre" ou "s'exposer à" : Les dangers qu'il a courus l'ont épuisé.

"Valoir" dans les sens de "valoir à quelqu'un" : Les nombreuses critiques que m'a values mon article.

"Coûter"...à quelqu'un, dans un sens figuré : les efforts que ce travail m'a coûtés.

"Vivre" lorsque le complément n'exprime pas la durée. Comparez : Les trente ans qu'il a vécu et Ses rêves, il les a vraiment vécus.

 

Participe passé des temps surcomposés

Les temps surcomposés sont les temps ou le verbe est conjugué avec un double auxiliaire. Ces temps marquent des faits antérieurs et déjà accomplis par rapport à des faits, qui eux-mêmes antérieurs, s'exprimeraient par les temps composés :

Lorsqu'il aurait eu dit.
Avant qu'elle ait eu protesté, je suis parti.

Dans les temps surcomposés, il est conseillé de n'accorder que le dernier participe.

Ces mots, lorsqu'il les aurait eu dits.

Mais l'accord des deux participes n'est pas fautif.

Ces mots, lorsqu'il les aurait eus dits.

Accord de " dit, cru, dû, pu, su "

Les participes "dit, dû, su, voulu, cru, pu, pensé, permis, prévu..." restent invariables lorsque l'objet direct est un infinitif (ou une proposition) à sous-entendre après eux. Le pronom relatif "que" est alors COD du verbe sous-entendu et non du participe passé :

Il a donné toute l'affection qu'il a pu (sous-entendu... donner).
Son amie n'était pas la compagne qu'il avait cru (sous-entendu...qu'elle était).

Il faut faire attention au sens de la phrase. Parfois le verbe peut avoir un complément d'objet placé avant et l'accord doit se faire.

Il nous a dit des choses que nous n'avons pas crues.
Ici, le sens sous-entendu n'est pas "que nous n'avons pas cru qu'il nous dirait" mais "...nous n'avons pas cru ces choses là".

Accord du participe passé avec la particule "l'"

Le participe passé ayant pour complément d'objet direct le pronom "l'" varie ou reste invariable selon ce que représente "l'". L'invariabilité est la plus fréquente. Pour le reste c'est souvent affaire d'interprétation. Retenez cependant :

Si "l'" a la valeur neutre de "cela", le participe reste invariable Il est plus fort que je ne l'avais pensé = pensé quoi? "l'", c'est-à-dire, cela ...qu'il était plus fort.

Si "l'" peut représenter un nom précis, l'accord peut se faire mais l'invariabilité est rarement fautive (Cette pièce est plus grande que je ne l'avais imaginée ou imaginé). Dans le premier cas, c'est la pièce qui a été imaginée, dans le second c'est toute la proposition. J'avais imaginé quoi?...que cette pièce était moins grande.

Accord du participe passé entre deux "que" ou entre "que" et "qui"

Le participe passé est toujours invariable lorsqu'il est précédé de "que" et suivi du pronom relatif "qui". Dans cette construction, l'objet direct est la proposition relative complète avec son sujet, auquel renvoie "qui".

Les hommes que j'avais prévu qui viendraient.
Ce ne sont pas les hommes...que j'avais prévu mais qui viendraient la proposition avec son sujet les hommes auquel renvoie qui.

Lorsque le participe passé est encadré par deux "que", il est invariable si le premier "que", le pronom relatif (le second est une conjonction), est objet direct du verbe qui vient après le participe.

L'air que j'ai entendu que vous chantiez.
J'ai entendu quoi? que vous chantiez "que" = l'air.
C'est la note qu'il a espéré qu'on lui donnerait
.
Il a espéré quoi? qu'on lui donnerait "que" = la note.

Si le pronom relatif "que" (le premier), est complément d'objet direct du participe, l'accord se fait normalement.

Les personnes que tu as prévenues que je viendrais.
Tu as prévenu qui? que = les personnes = COD.
Tu les as prévenues de quoi? que je viendrais = COI.

Accord du participe passé précédé d'un collectif ou nom de fraction

Un nom collectif est un nom constituant une collection (un groupe, une foule, une multitude, etc.). Lorsqu'il est suivi du nom qui représente les éléments de cette collection (un groupe de soldats, une foule de manifestants, une multitude d'oiseaux, etc.), le participe passé s'accorde, selon le sens, tantôt avec le nom collectif, tantôt avec son complément.

La multitude de voitures que j'ai vue.
C'est la multitude qui est vue.

Le groupe de soldats que j'ai vus.
Ce sont les soldats qui sont vus.

L'usage est très variable mais quelques règles, à peu près observées, peuvent aider à l'accord.

1. Avec "espèce, façon, genre, manière, sorte, type", on accorde avec le complément lorsque celui-ci représente l'idée générale (l'espèce de banc que j'ai vu). Mais on accorde avec "espèce, genre, etc." lorsque ces mots sont précédés du déterminant démonstratif (Ce genre de lettre qu'il a écrit).

2. Avec "force (sans de), la plupart de, nombre de, bon nombre de, grand nombre de, quantité de" l'accord se fait avec le nom qui suit (Force mots qu'il a prononcés).

3. Avec les noms numéraux du type "douzaine, centaine, cinquantaine, etc." l'accord se fait avec le nom qui suit (La douzaine d'ouvriers qu'il a interrogés).

4. Avec "une infinité" l'accord est plus fréquent avec le nom qui suit car l'idée de nombre prédomine (L'infinité de sauterelles que j'ai vues).

Les noms de fractions "la moitié, le tiers, le quart, une partie de, une fraction de" obéissent au même usage : accord avec le premier mot ou avec le second, selon que l'esprit s'attache à l'un ou à l'autre :

La moitié des invités sont venus.
La moitié des invités est venue.
Le dixième de la moisson fut perdue.
Le dixième de la moisson fut perdu.

Accord du participe passé avec un adverbe de quantité

Lorsqu'un adverbe de quantité accompagné de son complément (Combien de difficultés. Trop de marins. Que de patience, etc.) est en rapport avec un participe passé, celui-ci s'accorde la plupart du temps avec le complément.

Trop de marins sont partis.
Combien de lettres as-tu écrites?

En fait, l' adverbe se comporte comme un déterminant et le nom est le noyau du groupe; c'est avec lui que se fait l'accord.

Mais lorsque c'est l'adverbe de quantité qui exprime, en fait, l'idée dominante, il arrive que l'accord se fasse avec celui-ci.

Trop de complaisance serait blâmé.

Cet accord est habituel lorsque l'adverbe est nominalisé par la présence d'un déterminant.

Le trop de coups qu'il a reçu a usé son cerveau.

Cette nominalisation est fréquente avec "le peu, ce peu, le trop". Mais même dans ce cas, selon l'attention portée par le scripteur, on trouve l'accord avec le nom ou l' adverbe et rien n'empêche d'écrire, par exemple : Le peu de choses qu'il avait retenues.

Accord du participe passé précédé de "en"

Lorsque le complément d'objet direct est le pronom personnel "en", le participe passé peut être accordé ou laissé invariable.

Voyez ces fruits, en avez-vous mangé?
Voyez ces fruits, en avez-vous mangés?

Dans le premier exemple, "en" n'est pas senti comme un pluriel. Il représente plutôt une substance "massière", presque indivisible, abstraite : Des fruits, j'en ai mangé, c'est la "substance fruit" qui est mangée.

Dans le second exemple, "en" représente les fruits et plus spécialement "tant de fruits mangés".

On pourra se passer avantageusement de ces finesses et laisser le participe passé toujours invariable lorsque l'objet direct placé avant est le pronom "en". Cette règle est valable même si "en" est associé à un adverbe de quantité (Des films, j'en ai beaucoup vu).

Accord du participe passé des verbes impersonnels

Le participe passé des verbes impersonnels ou pris impersonnellement est invariable.

Les vents qu'il y a eu.
Les soins qu'il a fallu.
etc.

Accord du participe passé avec l'antécédent du relatif:

Lorsque le participe passé est en rapport avec un pronom relatif, soit que celui-ci représente le sujet (la femme qui est tombée), soit qu'il représente le complément d'objet direct (la femme que j'ai vue), le participe passé s'accorde, selon la règle générale de l'accord du participe passé, avec l' antécédent du pronom relatif (la femme, dans nos deux exemples).

Il peut y avoir un problème si le pronom relatif renvoie à plusieurs antécédents (l'homme et la femme que j'ai vus).

Il faut alors savoir si les antécédents s'ajoutent ou ne s'ajoutent pas. Avec les coordinations qui habituellement ajoutent un terme à l'autre (et, virgule) l'accord se fait au pluriel. Mais la coordination ne comporte pas toujours cette idée d'addition, en particulier, avec :

- les conjonctions de comparaison "comme, ainsi que, autant que, moins que, plutôt que", etc. Lorsque les antécédents s'ajoutent, l'accord se fait sur les deux. Lorsqu'ils ne s'ajoutent pas, on fait l'accord avec le premier.

La fille, comme le père, est venue.
Ne s'ajoutent pas.

La fille comme le père sont venus.
S'ajoutent.

C'est le fils autant que le père que j'ai invités.
s'ajoutent.

C'est la fille plutôt que le père que j'ai invitée.
Ne s'ajoutent pas.

- les coordinations "ou, ni". Lorsque les antécédents s'ajoutent, l'accord se fait sur les deux. Lorsqu'ils ne s'ajoutent pas, on fait l'accord avec le dernier.

Voir aussi : Règles générales de l'accord du participe passé, Plusieurs sujets

Accord du participe passé suivi d'un infinitif:

Le participe passé conjugué avec "avoir" et suivi d'un infinitif, s'accorde si l'objet direct qui précède se rapporte au participe.

Je les ai vus manger.

Si l'objet direct se rapporte à l'infinitif le participe passé reste invariable.

Les élèves que j'ai envoyé chercher.

Il n'est pas toujours facile de savoir si l'objet direct se rapporte au participe ou à l'infinitif. Quelques procédés pratiques permettent parfois de trancher.

- Intercaler l'objet direct entre le participe et l'infinitif (j'ai vus les manger) puis remplacer l'infinitif par l'expression "en train de + infinitif" (j'ai vus les en train de manger). Si la phrase garde son sens, faire l'accord. Que donnerait le second exemple ? (Les élèves que j'ai envoyé chercher. J'ai envoyé les élèves chercher. = J'ai envoyé les élèves en train de chercher : pas d'accord).

- Si l'infinitif peut être (ou est) suivi d'un complément introduit par la préposition "par", il est invariable (Les portes que j'ai vu repeindre. Suite possible ...par les ouvriers.

- Si l'objet direct est l'être qui fait l'action exprimée par l'infinitif, il faut accorder le participe. Comparer: Les hommes que j'ai vus déménager et Les meubles que j'ai vu déménager.

- Si l'infinitif a lui-même un complément d'objet direct, il faut accorder le participe (Ces soldats, je les ai entendus fredonner des chansons).

Notez : "Fait" suivi d'un infinitif est toujours invariable.

Voir aussi : Règles générales de l'accord du participe passé

Accord du participe passé des verbes pronominaux:

Les verbes pronominaux se conjuguent avec l' auxiliaire "être". Mais certains pronominaux dits "réfléchis" (le sujet fait l'action sur lui-même : Il se lave) et "réciproques" (plusieurs sujets font l'action les uns sur les autres : Ils se réconcilient) sont parfois transitifs directs et assimilés avec les verbes se conjuguant avec l' auxiliaire "avoir" (accord avec le complément d'objet direct si celui-ci précède).

 

Devant les pronominaux réfléchis et réciproques il convient de chercher et de situer le complément d'objet direct. Celui-ci peut être :

  • le pronom réfléchi : Elle s'est blessée = Elle a blessé qui? (souvenez-vous : le verbe est traité comme s'il était conjugué avec "avoir", donc la question se pose avec l'auxiliaire "avoir"), elle a blessé qui? = "se" mis pour elle-même = COD placé avant = accord.
  • un élément autre que le pronom réfléchi : celui-ci peut être placé après et il n'intervient pas dans l'accord (Elle s'est blessé la main). Mais il peut être placé avant et force l'accord (La main qu'elle s'est blessée).

S'il n'y a pas d'objet direct le participe est invariable (Ils se sont succédé, par exemple, répond à la question "à qui?" c'est un objet indirect).

Notez : les règles et les exceptions concernant l'accord du participe passé conjugué avec "avoir", s'appliquent pour les pronominaux réciproques et réfléchis : en particulier, lorsque le verbe est précédé d'un collectif ou nom de fraction, lorsqu'il est en rapport avec "le peu", précédé de "en", suivi d'un infinitif, etc.

En dehors des cas ci-dessus qui concernent les réfléchis et les réciproques, le participe passé des verbes pronominaux s'accorde avec le sujet. Soit que le pronom réfléchi ne soit pas analysable, soit que le verbe soit transitif indirect ou intransitif.

Elles se sont échappées.
Ils se sont repentis.
Ces fruits se sont bien vendus.

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التعديل الأخير تم: 29/10/2015